Le mur de midi

Une pause déjeuner comme une parenthèse. Le long d'un mur qui suit la courbe de la ville, dix silhouettes trouvent une bande d'ombre pour échapper au soleil de plomb. Le sol, lui, reste coupé en deux — lumière crue d'un côté, fraîcheur de l'autre. Rien ne presse : on rit, on mange, le temps s'étire.

Pause déjeuner le long du rempart, Azemmour, Maroc.

À midi, le soleil ne laisse aucune ombre où se cacher. Il tombe droit sur les pavés, les blanchit, les fait vibrer. Alors on cherche le mur — celui qui a gardé un peu de fraîcheur, celui contre lequel on peut adosser une heure de répit.

Ils sont une dizaine, alignés là comme une frise, les jambes allongées sur la pierre chaude. Des barquettes, des sacs, du pain qui circule. On mange, on rit, quelqu'un lance un mot vers l'objectif. C'est l'heure suspendue entre deux cours, celle qui n'appartient à personne d'autre qu'à eux.

À droite, un peu en retrait, une jeune fille mange seule, casquette blanche baissée. Elle n'est pas mise à l'écart — elle est simplement ailleurs, comme on sait si bien l'être à cet âge, quand le repas dure moins longtemps que les pensées. Dans une heure, le mur sera vide et les pavés continueront de chauffer.

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Messe basse